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L'essentiel pour comprendre notre climat |
| Cette page est une brève
introduction au climat de notre planète Terre. Nous commençons
par présenter le budget énergétique de la planète,
pour ensuite en décrire la circulation atmosphérique. On
peut facilement visualiser ce concept en imaginant une "pompe à
chaleur" qui pompe l'air chaud des tropiques et l'amène vers
les pôles. Cette introduction est divisée en cinq parties:
- Le budget énergétique
- La circulation atmosphérique globale
- La circulation océanique
- L'interaction atmosphère-océan
- L'effet de serre
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Pour un budget énergétique équilibré, les radiations reçues depuis l'espace doivent être égales aux radiations envoyées dans l'espace. Cela signifie que dans le cas de planètes orbitant autour du Soleil, les radiations solaires "entrantes" dans l'atmosphère doivent être égales aux radiations solaires "sortantes". S'il y a un déséquilibre, la planète soit se réchauffe, soit refroidit. Equilibrer le budget énergétique planétaire est un aspect fondamental du système climatique.
Considérez un rayon de soleil qui arrive sur la Terre au niveau
de l'équateur, comme dans la Figure
1. Le rayon arrive pratiquement à angle droit sur la surface
terrestre, donc la surface qu'il touche ("a" sur la figure)
est la même que sa largeur et sa hauteur. Par contre, plus près
des pôles ("b" sur la figure), le rayon arrive avec un
angle différent, et la surface couverte sera plus importante, donc
moins intense à un endroit donné. Cela signifie que la surface
de la Terre reçoit plus d'énergie par unité de surface
au niveau des tropiques, qu'au niveau des pôles. De la même
façon, à midi, quand le soleil est au plus haut dans le
ciel, un rayon touche une surface plus étroite qu'au même
endroit en fin d'après-midi: nous ressentons donc plus la chaleur
à midi que le soir.
Figure 1. Les radiatons solaires arrivent sur la Terre avec un angle différent que l'on soit aux pôles ou à l'équateur. En conséquence, l'aire couverte par le rayon sera la plus faible à l'équateur, et augmente quand on s'approche des pôles: l'aire "b" est plus importante que l'aire "a". Donc, la Terre reçoit plus de chaleur par unité de surface à l'équateur qu'au niveau des pôles.
Certaines radiations solaires (principalement l'ultraviolet, la lumière visible et les infrarouge) sont réfléchies ou dispersées directement dans l'espace par l'atmosphère; tandis que d'autres sont absorbées par la Terre (voir figure 2). Une fois la radiation absorbée, la surface terrestre ré-émet l'énergie dans une longueur d'onde plus longue, sous la forme de radiation thermique: la chaleur.
Figure 2.Le budget énergétique annuel des radiations
vers ou depuis la Terre. Les nombres sont tous en W/m² (Watt par mètre
carré), une unité de mesure. Pour les radiations "entrantes", 49% (168÷342)
sont absorbées par la surface terrestre. Cette chaleur est retournée à
l'atmosphère sous diverses formes (processus d'évaporation et de radiation
thermique, par exemple). La majorité de cette chaleur dispersée est absorbée
par l'atmosphère, qui le ré-émet à son tour dans toutes les directions,
à la fois vers la surface et vers l'espace. Donc, une partie quitte la
Terre et l'atmosphère, et une partie reste dans le système climatique
terrestre. C'est ce qui conduit à l'effet de serre [Figure adaptée de Kiehl & Trenberth, 1997].
La figure 3 montre comment la distribution
des radiations entrantes de l'étoile (ondes courtes) et des radiations
terrestres (longues ondes) varient avec la latitude (distance depuis les
pôles). Les tropiques absorbent l'énergie, puisque la quantité
d'énergie solaire absorbée est plus importante que la quantité
de radiations terrestres rejetées. A l'inverse, les pôles
sont des émetteurs d'énergie. Cela devrait vouloir dire
que les tropiques chauffent, et que les pôles refroidissent, ceci
en permanence: mais ce n'est pas le cas. La Terre doit donc constamment
pomper la chaleur des tropiques vers les pôles: c'est un moteur
à chauffer. La circulation
de l'atmosphère terrestre ainsi que les
océans sont les deux principaux méchanismes de ce moteur.
Ils transportent chacun à peu près autant d'énergie
de l'équateur vers les pôles.
Figure 3. Les radiations à ondes courtes (provenant du Soleil) et les radiations à longues ondes (chaleur émise par la Terre) varient avec la latitude. La différence entre les deux montre que la Terre est un absorbeur net d'énergie au niveau des tropiques (énergie absorbée > énergie rejetée), et un émetteur net au niveau des pôles (énergie rejetée > énergie absorbée). Le schéma représente la variation des radiations selon la latitude (la longitude restant la même). Si vous imaginez un cercle autour du globe à chaque latitude, la radiation a été calculée en fonction de la moyenne de tous les points constituant le cercle. En effet, la variation selon la latitude est beaucoup plus intéressante que la variation selon la longitude.
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La circulation atmosphérique est responsable d'environ 50% du transport de l'énergie depuis les tropiques vers les pôles. Le mécanisme est très simple: aux tropiques, l'air chaud (plus léger que l'air froid) monte dans l'atmosphère, c'est la
(convection); cela réduit la pression à la surface et l'augmente en altitude. Cela force l'air à se diriger vers les pôles en haute altitude, et de la même façon, des pôles vers les tropiques en basse altitude. A mesure que l'air chaud se rapproche des pôles, les radiations solaires sont moins fortes, donc il refroidit et descend, ce qui complète la circulation.
Si la Terre ne tournait pas sur elle-même, nous verrions ce schéma
très simple: l'air chaud monte au niveau des tropiques, part de
l'équateur en direction des pôles, refroidit petit à
petit, change de direction au niveau des hautes latitudes (près
des pôles), et finalement re-circule près de la surface vers
l'équateur (voir Figure 4).
Figure 4. Si la Terre ne tournait pas sur elle-même, l'air chaud des tropique monterait, puis se dirigerait vers les pôles, puis refroidirait, redescendrait et au final repartirait, froid, en direction de l'équateur. Les masses d'air se déplaceraient selon des lignes de longitudes.
Cependant, la rotation de la Terre sur elle-même complique quelque
peu les choses. Pour qu'un point à la surface de la Terre fasse
une rotation complète, il doit parcourir bien plus de distance
s'il est au niveau de l'équateur (2 π fois le rayon terrestre,
soit 6371 km), que s'il est à des latitudes moyennes; et aux pôles,
il n'aurait rien à parcourir, juste tourner sur lui-même.
La vitesse est définie comme la distance divisée par le
temps, donc pour une rotation en 24 heures, cela signifie que la vitesse
est la plus élevée à l'équateur, et baisse
graduellement à mesure que la latitude augmente.
A présent, imaginez un boulet de canon tiré vers le nord
depuis l'équateur. En plus de sa vitesse vers le nord, le boulet
de canon a également la même vitesse vers l'est qu'a la Terre,
de laquelle il a été tiré. Mais en continuant vers
le nord, la Terre tourne moins vite qu'au niveau de l'équateur.
On a donc l'impression que le boulet tourne vers l'est pendant son vol
(comme montré sur la figure 5 ci-dessous).
Cette force est appelée l'effet de Coriolis (ou la force de Coriolis)
en hommage à l'ingénieur français Gustave-Gaspard
Coriolis qui l'a découverte en 1835. La force de Coriolis est la
raison pour laquelle l'air (le vent!) qui voyage de l'équateur
vers les tropiques dévie vers l'est, tandis que les vents proches
de la surface qui viennent des pôles vers l'équateur sont
déviés vers l'ouest. Au niveau des tropiques, ces vents
sont connus sous le nom d'alizées.
Figure 5.Cette animation montre l'effet de Coriolis. Fixez vos yeux sur le point blanc (le père Noël, peut être), qui monte selon une ligne droite, pour un observateur (vous-même) positionné au-dessus du pôle nord. Mais selon une perspective où l'observateur serait sur Terre, le point blanc semblerait dévier vers la droite.
Dans le cas de l'atmosphère, cela signifie que le vent qui voyage
vers les pôles a une vitesse vers l'ouest de plus en plus forte.
Cela abouti dans les courants atmosphériques sub-tropicaux, à
des vitesses atteignant régulièrement les 40m/s en haute
troposphère. A de telles valeurs de vélocité, l'air
devient instable, et des "vagues" se forment dans le flux d'air
vers l'est. Nous ressentons cela dans les systèmes à basses
pressions qui passent de temps en temps au-dessus du nord de l'Europe.
Ces systèmes brassent l'air, ce qui résulte à des
transports d'air chaud vers les pôles et d'air froid vers l'équateur.
L'effet global est le transport de chaleur vers les pôles appelé
"cellule Ferrell", qui tourne dans le sens
opposé à la "cellule Hadley".
Dans les régions polaires, la circulation est similaire à
la cellule Ferrell et est appelée la cellule Polaire.
Elle est entraînée par l'air chaud montant, et l'air froid
descendant. Les courant d'air aux latitudes moyennes se trouvent dans
la haute troposphère, où les cellules Ferrell et Polaires
se retrouvent.
Figure 6. Une version idéale de la circulation
atmosphérique de la Terre. L'air est chauffé et monte aux tropiques, avant
de descendre à environ 30° Nord et Sud dans la circulation de la cellule
Hadley. A la surface, l'air vient de l'est (les alizées). Aux latitudes
moyennes (entre 30° et 60°) la circulation est dominée par des tempêtes
extra-tropicales, qui se manifestent par la cellule Ferrell. En hautes
latitudes, la circulation habituelle (la convection) est retrouvée et
est appelée la cellule Polaire. Les régions de haute et basse pression
au sol sont marquées "H" (High, haut) et "L"
(Low, bas) respectivement.
Vous pouvez en apprendre plus sur la circulation atmosphérique ici:
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La circulation des océans est responsable d'environ 50% du transport
d'énergie depuis les tropiques vers les pôles. Comme pour
l'atmosphère, la circulation s'effectue par réchauffement
de la surface de l'eau au niveau des tropiques, et par refroidissement
au niveau des pôles. Les courants froids voyagent vers l'équateur
et les courants chaud vers les pôles. Le schéma global à
l'échelle de la planète de la circulation des océans
est appelée la circulation thermohaline (voir
figure 15), car elle dépend de la différence de température,
mais également de la salinité de l'eau. Quand l'eau s'évapore
ou gèle, elle abandonne le sel qu'elle contenait, ce qui rend l'eau
restante encore plus saline et donc plus dense. Par exemple, les eaux
profondes de l'Atlantique Nord, sont formées par les eaux de la
mer du Groënland (entre le Groënland, l'Islande, le Spitzberg
et la Norvège), qui sont à la fois très froides et
très salées, et donc descendent et se déversent vers
l'équateur.
Tout cela signifie que la structure en trois dimensions de l'océan
est très complexe et, encore aujourd'hui, peu connue. La figure
7 montre dans une vue très simplifiée comment les océans
circulent à l'échelle mondiale. Pour une molécule
d'eau, il faudrait un millier d'années pour compléter le
circuit !
Figure 7. La circulation océanique globale
(très simplifiée). Source: www.CLIVAR.org.
La partie rouge des flèches représente le transport de l'eau
chaude jusqu'à 1000m, et la partie bleue le transport de l'eau
froide sous la thermocline.
L'océan a une capacité plus importante à stocker
la chaleur que l'atmosphère, c'est-à-dire que l'océan
réagit plus lentement que l'atmosphère aux changements dans
la balance radiations entrantes/sortantes. Par conséquent, la température
des océans change plus lentement que celle de l'atmosphère,
que ce soit à l'échelle diurne, saisonnière ou climatique.
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Les océans et l'atmosphère interagissent de nombreuses
façons. Il peut y avoir des échanges de chaleur, d'eau,
de sel entre eux.
Quand le vent souffle sur l'océan, de l'énergie est transférée
du vent (qui est ralenti)
à la surface de l'eau, entraînant parfois un véritable
courant océanique. L'eau peut s'évaporer plus facilement
dans l'air chaud, surtout avec l'aide du vent. Lors de l'évaporation,
elle libère la chaleur dans l'air. C'est une des causes qui donnent
leur énergie aux ouragans.
Le sel est continuellement apporté aux océans par les
rivières qui le convoient hors des continents; il contient des
minéraux dissous originaires des roches au contact de l'eau, qui
sont déposés au fond des océans et forment les sédiments.
L'eau qui gèle ou s'évapore laisse plus de sels dans l'eau
restant liquide, mais la pluie, formée d'eau douce, dilue la concentration
du sel à la surface de l'océan. De plus, lorsqu'il y a beaucoup
de vent, des goutelettes d'eau salée peuvent être envoyées
en l'air pour former des nuages.
L'air et l'océan échangent de la chaleur en permanence.
Comme l'océan a une capacité supérieure à
emmagasiner la chaleur, cela met du temps pour ajuster les changements
dans les radiations entrantes, et donc freine le changement de température.
Cela veut dire que la surface de l'eau est généralement
a une température différente que l'air qui se trouve juste
au-dessus, et la chaleur est transférée entre l'océan
et l'atmosphère.
Il y a de nombreux mécanismes qui compliquent les échanges.
Par exemple, l'eau qui s'évapore peut se condenser dans l'atmosphère
pour former des nuages. Ceux-ci réfléchissent les radiations
entrantes et sortantes (c'est pour cela que les nuits nuageuses sont plus
chaudes que les nuits dégagées) et déterminent donc
la température à la surface de l'océan.
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Au dix-neuvième siècle, différents scientifiques
(dont Joseph Fourier) expliquèrent que l'atmosphère peut,
comme pour une serre, retenir l'énergie qui lui est envoyée
de l'extérieur. L'analogie a une serre n'est pas tout à
fait exacte, mais l'image est toutefois très appropriée.
Dans les années 1860, John Tyndall expliqua que certains gaz,
parmi lesquels la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone (CO2), n'affectent
pas la lumière visible, mais absorbent les radiations de longues
ondes (c'est-à-dire la chaleur). Il suggéra que ces gaz
isolaient la Terre.
Le processus actuel fonctionne comme suit (voir figure 2): la lumière
visible du Soleil est soit réfléchie (par les nuages, les
avions...), soit passe au travers de l'atmosphère et est absorbée
par la Terre, qui est alors réchauffée. La Terre renvoie
des radiations (la chaleur) vers l'atmosphère, et ces radiations
sont soit renvoyées dans l'espace, soit réfléchies
de nouveau, car elle ont une longueur d'onde plus longue qu'au premier
passage dans l'atmosphère, et peuvent être réfléchies
par la vapeur d'eau, le dioxyde de carbone, le méthane et d'autres
gaz présents dans l'atmosphère. Comme ces gaz et autres
composants absorbent les radiations, ils s'échauffent et rejettent
à leur tour des radiations dans toutes les directions. Certaines
d'entre elles sont envoyées dans l'espace, d'autres sont renvoyées
sur Terre.
Ce processus naturel permet à la Terre de conserver de l'eau
à l'état liquide. Sans les gaz à effet de serre,
la température moyenne de la Terre serait d'environ -17° Celsius,
c'est-à-dire 33° de moins qu'actuellement!
Maintenant, que se passerait-il si la quantité de ces gaz augmentait
? Nous pouvons nous attendre à ce que le processus décrit
ci-dessus s'intensifie. En effet, c'est exactement ce que fit le chimiste
(Prix Nobel) suédois Svante Arrhenius, en 1896. En sachant comment
le CO2 absorbait les radiations de chaleur depuis la surface de la Terre,
il calcula ce qu'il se passerait si la quantité de CO2 doublait
dans l'atmosphère. Il estima qu'un doublement de CO2 entrainerait
une température moyenne de la surface de la Terre de 2° C supérieure,
ce que confirme les prédictions actuelles.
Cette approche, bien qu'intéressante, considère un système
climatique qui n'aurait pas de systèmes de feedbacks. Un feedback
(retour de force) est un processus dans lequel une radiation entrante
entraîne une radiation sortante, qui elle-même entraîne
une nouvelle radiation entrante, etc. Certains de ces feedbacks peuvent
entraîner une annulation des effets (feedbacks négatifs),
d'autres au contraire amplifient ces changements (feedbacks positifs).
Comme exemple de feedback négatif, on peut citer le maintien de
la température corporelle: quand vous avez trop chaud, vous transpirez
pour refroidir. Un exemple de feedback positif est le larsen: quand vous
approchez un micro d'un haut-parleur et que vous les reliez ensemble:
le son est amplifié, vient dans le micro qui l'amplifie et le renvoie
au haut-parleur qui le restitue encore plus fort...
Il existe beaucoup d'exemples de feedbacks dans le système climatique.
Si l'atmosphère se réchauffe, la glace fond. La glace réfléchie
beaucoup de radiations solaires, donc si elle fond, les radiations seront
moins réfléchies, ce qui provoquera une hausse encore plus
forte de l'atmosphère: feedback positif donc. Par ailleurs, si
la quantité de dioxyde de carbone augmente, certaines plantes pousseront
plus vite, et absorberont encore plus de dioxyde carbone et éventuellement
diminueront sa quantité dans l'atmosphère: feedback négatif.
A cause de la complexité du système climatique, due en
partie aux feedbacks, nous devons essayer de représenter le système
entier de manière complète et aussi exhaustive que possible,
cela pour simuler les changements possibles. Nous devons être capable
de comprendre comment et où les feedbacks agissent, et quelle ampleur
ils possèdent.
Vous pouvez en apprendre plus sur les feedbacks possibles à partir
de l'augmentation de la quantité de dioxyde de carbone ici: :
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Les nuages et les précipitations (pluie, neige, selon l'endroit
où vous vous trouvez) se forment essentiellement là où
l'air chaud et humide est contraint à monter. Pendant sa montée,
il s'étend et se refroidit, et la quantité de vapeur d'eau
qu'il contient diminue. Le surplus de vapeur d'eau se condense pour former
des nuages de goutelettes, que nous voyons sous forme de nuages, dont
certains deviendront assez grands pour tomber sur la surface sous la forme
de pluie ou de neige. La figure 8 montre que les principales régions
d'ascension sont les tropiques et les latitudes moyennes (autour de 50°-60°),
tandis que les régions de descente, subtropiques et pôles,
sont des régions sêches et arides.
Figure 8. Image satellite de nuages à 18:30
GMT le 22/04/2003. Copyright 2003 EUMETSAT.
Dans les tropiques, l'ascension est vigoureuse et d'énormes cumulonimbus
(nuages à l'origine des orages) se forment, atteignent 10km de
haut et se regroupent sous forment de paquets, ce qui est visible sur
la figure 8, ou les
tropiques sont clairement marqués par ces points blancs qui
forment des lignes. Ils se forment en général au-dessus
des océans, puisqu'il y a là une source d'eau chaude qui
s'évapore. Malgré tout, dans les latitudes moyennes, l'ascension est plus localisée
et moins profonde, ce qui provoque des cumulus plus isolés et moins
puissants.
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Si vous regardez la figure 9, vous pouvez observer le déroulement
quotidien du réchauffement et du refroidissement au-dessus de l'Afrique
et de l'Europe. Les parties les plus chaudes de la surface se déplacent
vers l'ouest pendant la journée. Vous pouvez également constater
que la température de surface de l'océan ne varie pas du
tout avec la même amplitude que le fait les surfaces terrestres
à côté (côtes de l'Afrique), puisque l'océan
met plus de temps à se réchauffer et se refroidir.
Figure 9. Intervalles horaires, sur une journée entière, tirés du modèle ClimatePrediction.net. Vous pouvez constater les variations de température beaucoup plus importants sur terre que sur les océans.
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Le cycle des saisons dans l'atmosphère vient du fait que l'axe
de la Terre n'est pas à angle droit par rapport au Soleil (l'axe
de rotation est en effet à 23° de la perpendiculaire). Cela
veut dire qu'à différents instants pendant l'année,
des latitudes différentes vont recevoir le plus de radiations.
Aux équinoxes, le Soleil envoie plus de radiations à l'équateur;
au solstice de juin, les plus fortes radiations sont au niveau du tropique
du Cancer; au solstice d'hiver, au niveau du tropique du Capricorne. En
juin, juillet et août (l'été dans l'hémisphère
nord), l'hémipshère nord est plus chaud que l'hémisphère
sud. Ces mois ne sont pas symétriques pour les solstices (par exemple,
on ne parle de saison pour novembre, décembre, janvier) car il
faut un temps au système climatique pour se réchauffer ou
se refroidir.
Figure 10. En l'espace d'un an, vous constatez
les changements de température mois par mois toujours à
12:30. Vous pouvez observer les ITCZ (définition plus bas, là
où se trouvent les plus hautes températures) osciller entre
les tropiques du Cancer et du Capricorne.
Le cycle des saisons a de nombreux effets sur le climat. Sur la figure
10, vous devriez voir les
ITCZ qui poussent vers le nord
ou vers le sud avec les saisons, associés à la circulation
atmosphérique habituelle. Il y a des effets à plus larges
échelles, comme les moussons,
ou les cyclones
tropicaux qui
ont lieu uniquement quand les océans sont les plus chauds, à
la fin de l'été.
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La distribution des terres et des mers modifie l'image assez simple
que l'on peut se faire de la circulation globale; la terre chauffe et
refroidit plus vite que l'eau, ce qui provoque les moussons en Asie, et à une échelle
plus modeste, les brises au-dessus des océans. (Ces brises sont
des phénomènes communs sur les côtes, où les
vents soufflent depuis la mer le jour, et depuis les terres la nuit.)
La présence des continents casse la circulation de l'eau, la présence
des montagnes dévie les nuages et les flux d'air (par exemple,
l'Himalaya affecte le schéma des moussons), tandis que les précipitations
sont déterminées en grande partie par les contrastes terre-mer,
masses continentales, importance des montagnes...
Il y a moins de terres dans l'hémisphère sud que dans
l'hémisphère nord, et la circulation atmosphérique
s'en trouve simplifiée.
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Les tropiques, définis comme la région entre le tropique
du Cancer et celui du Capricorne, ont un climat dominé par une
convection de grande ampleur associée à une "Inter-Tropical
Convergence Zone", appelée ITCZ.
Cela change selon les saisons,
c'est-à-dire selon la latitude qui est la plus proche du Soleil.
Durant les équinoxes, le soleil est le plus près de l'équateur;
au solstice de décembre c'est au niveau du tropique du Capricorne,
et au solstice de juin c'est au tropique du Cancer. C'est au niveau des
ITCZ que l'on trouve l'ascension d'air chaud associée à
la formation des cumulonimbus la plus rapide. Ceux-ci sont souvent la
source de pluies violents et d'orages dans les tropiques.
Le climat tropical est généralement chaud et humide, et
varie moins en température que les climats extra-tropicaux. D'un
autre côté d'autres phénomènes climatiques,
comme les précipitations et les vents, se déclenchent régulièrement,
par exemple les moussons.
Les phénomènes climatiques les plus dramatiques au niveau
des tropiques sont les cyclones tropicaux: appelés ouragans dans
l'Atlantique, les Caraïbes et le Pacifique Est, cyclones dans l'océan
indien et typhons dans le Pacifique Nord. Ce sont des systèmes
à basse pression, sur environ 200-2000km , avec des vents dépassant
les 120 km/heure. Ils consistent en des cumulonimbus profonds, jusqu'à
12 km de haut, qui tourne autour d'un oeil central où l'air descend.
Ils se forment dans les océans tropicaux chauds, mais ne peuvent
se former entre +5° et -5° autour de l'équateur, car la
force de
Coriolis est alors trop faible.
Ils s'afaiblissent rapidement au-dessus des terres puisque coupés
de leur source d'eau chaude.
Figure 11. Hurricane Lili, 2/10/2002 dans le Golfe
du Mexique.
Le modèle que nous utilisons n'est pas très efficace pour
produire des ouragans, car la grille est trop "brute" pour que
de tels phénomènes puissent opérer.
La mousson est un autre phénomène important
du climat tropical, car elle nait des différences terre/
mer differences et des saisons.
Les masses continentales refroidissent et se réchauffent plus vite
que les océans car leur capacité à absorber la chaleur
est plus faible. En hiver par exemple, l'air au-dessus des continents
est plus froid que l'air au-dessus des océans. Ce sont les mêmes
processus qui provoquent la circulation atmosphérique, qui commence
par une ascension au-dessus des océans, une descente au-dessus
des continents, et à la surface les flux descendent des continents
vers les océans. En été, l'inverse se produit. Les
vents contraires sont appelés moussons (le mot vient du mot arabe
pour saison, mausim), et affectent essentiellement l'Océan Indien
et le Pacifique Tropical Ouest. Les moussons sont affectées par
l'orographie (la forme de la surface terrestre, par exemple l'Himalaya),
ce qui constitue un schéma météo compliqué
dans toute la zone d'Asie du sud-ouest.
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Les latitudes moyennes (entre 30°-60°) sont dominées
par les phénomènes climatiques qui se forment quand la cellule
Hadley devient instable et se divise en une multitude de petits systèmes
qui alternent basses et hautes pressions. C'est sur les régions
qui en sont affectées que naissent les tempètes. Dans l'hémisphère
sud, cette zone est répandue tout autour du globe, puisqu'il y
a peu de terres. Par contre, dans l'hémisphère nord, ces
zones se situent uniquement au-dessus des océans: car la friction
est plus importante au niveau du relief inégal des terres, et freine
tout vent qui s'y promène. La figure 12 montre la formation de
tempètes au-dessus de l'hémisphère nord.
Figure 12. Zones de naissance des tempètes
en hiver, dans l'hémisphère nord (moyenne de décembre,
janvier, février entre 1979 et 1997). La quantité indiquée
est la mesure de l'énergie cinétique dans l'air associée
avec les tempètes. Les données sont celles de ERA15.
Le climat des latitudes moyennes est hautement saisonnier: plus chaud
quand le soleil est haut dans le ciel (voir figure 1), au moment du solstice
d'été. Il est aussi gouverné par des schémas
terre-mer: la Grande-Bretagne
est plus chaude que la plupart des autres zones de la même latitude,
grâce à l'énergie transportée vers les pôles
par le Courant Nord Atlantique
et les vents d'est. Ce climat a enfin également un aspect saisonnier
moins important que la Sibérie (par exemple), car il est entouré
par l'eau qui réagit plus lentement aux variations des radiations
solaires.
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Les régions polaires sont celles qui reçoivent le moins
de radiations solaires. A l'intérieur des cercles polaires arctiques
et antarctiques, la nuit est totale une partie de l'année. La calotte
glaciaire elle-même provoque un feedback important, puisqu'elle
est très réflective: les radiations solaires entrantes sont
rejetées dans l'espace avant d'être absorbées (figure
2). La glaciation de l'eau autour de la calotte glaciaire est un phénomène
très important qui contrôle la circulation thermo-haline..
Il y a très peu de pluie ou de neige dans les régions
polaires, à cause de l'air qui descend en abondance (voir figure
6). En hiver, il fait sombre et très froid en permanence. En été,
il y a de la lumière en permanence et il ne fait pas si froid !
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Le climat planétaire est en constante évolution, et réagit
aux variations des radiations solaires, aux reliefs des continents, à
la quantité de poussières dans l'atmosphère, à
sa composition chimique et encore à bien d'autres facteurs.
L'un de ces facteurs dont on pense qu'il affecte la température
de la surface terrestre est la quantité de dioxyde de carbone dans
l'atmosphère. Le dioxyde de carbone est un gaz à "effet
de serre". Cela signifie qu'il ne renvoie pas beaucoup de radiations
dans l'espace, mais qu'il absorbe beaucoup de radiations qui viennent
de la Terre (c'est-à-dire les longues ondes, la chaleur) et les
renvoient vers la Terre en réchauffant l'atmosphère.
Depuis 200 ans et la révolution industrielle, la concentration
de dioxyde de carbone dans l'atmosphère ne cesse d'augmenter; la
cause principale est la consommation de carburants fossiles (comme le
pétrole). Un autre facteur est celui de la déforestation.
La figure 13 montre la concentration de dioxyde de carbone sur les 1000
ans passés (les données viennent de la glace des pôles,
de mesures directes récemment... si vous êtes intéressés
la-dedans vous pouvez lire "The two-mile time machine" par Richard
B. Alley) et différentes estimations pour les 100 prochaines années,
selon notre réaction aux législations sur les émissions
de carbone. Les deux marques sont celles de la concentration standard,
et du double de CO2 utilisées dans le projet climateprediction.net.
Figure 13. La concentration atmosphérique
de CO2 en ppm (à gauche), mesurée sur les 1000 ans passés
et estimée pour les 100 ans futurs (à droite). Source: IPCC
Third Assessment Report. Les concentrations de CO2 utilisées dans
le projet climateprediction.net: 282ppm et 564ppm (elles sont
marquées sur les schémas).
Les scientifiques ne savent pas exactement comment le système
climatique planétaire va répondre à de tels changements
dans la concentration du dioxyde de carbone et aux autres changements
dans la composition de l'atmosphère.
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Figure 14. La structure de l'atmosphère. L'air monte dans la zone ITCZ (Zone InterTropicale de Convergence) jusqu'au sommet de la troposphère, puis est envoyée vers les pôles. Les courants d'air se trouvent juste sous la tropopause (qui sert d'interface entre la troposphère et la stratosphère), là où convergent les cellules Hadley et Ferrell. Vous pouvez également voir les régions de basses et hautes pressions. Dans la stratosphère, l'air est bien plus stable et moins mélangé que dans la troposphère.
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Figure 15. Modèle simplifié
de la circulation Thermohaline des océans. Sous la surface chaude
et mélangée se trouve la thermocline; une zone où
la température baisse rapidement, proportionellement à la
profondeur. Encore plus bas se trouve l'océan froid, stable et
profond.
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